Lorsqu’un salarié doit interrompre son activité pour cause de cancer, le mécanisme principal d’indemnisation repose sur l’arrêt de travail prescrit par un médecin. Sur présentation de cet arrêt, la Sécurité sociale (via la CPAM) peut verser des indemnités journalières pour compenser partiellement la perte de salaire.
Qui est concerné ?
- Tout salarié du secteur privé, affilié au régime général de la Sécurité sociale.
- Les agents du service public relèvent, eux, de régimes spécifiques (exemple : fonction publique d’État).
Conditions pour ouvrir droit aux indemnités journalières
- Justifier d’au moins 150 heures de travail sur les 3 derniers mois ou avoir cotisé sur un salaire équivalent à 1 015 fois le SMIC horaire brut.
- Être en arrêt de travail prescrit par un professionnel de santé.
- Avoir transmis l’arrêt de travail dans les 48h à la CPAM (caisse primaire d’assurance maladie).
(Source : Ameli.fr)
Montant des indemnités journalières maladie
- 50 % du salaire journalier de base brut (calculé sur les 3 derniers mois précédant l’arrêt), hors complément éventuel employeur.
- Plafonné à 50,58 € brut par jour (chiffre 2024 – Ameli.fr).
- Majoration possible à 66,66 % à partir du 31e jour, si l’assuré a au moins 3 enfants à charge.
Durée d’indemnisation : la question centrale de la longue maladie
En cas de cancer, l’arrêt de travail peut se prolonger au-delà de la durée “classique” de 6 mois. La Sécurité sociale distingue alors les arrêts “de longue durée” pour les pathologies sévères, dont les cancers.
- Maintien des indemnités journalières jusqu’à 3 ans (dans la limite de 360 IJ sur 3 ans par affection).
- Obligation de renouveler le certificat médical d’arrêt de travail régulièrement.
À noter : après 3 ans, si la reprise du travail n’est pas possible, se pose la question d’une réorientation éventuelle vers la pension d’invalidité (voir plus bas).
Spécificité : affection de longue durée (ALD)
Le cancer figure sur la liste des ALD 30 (affections de longue durée exonérantes). Concrètement, cela signifie :
- Prise en charge à 100 % des soins liés à la maladie par la Sécurité sociale, sur la base des tarifs conventionnés. Cela inclut hospitalisation, médicaments, actes médicaux, etc. (Ameli.fr).
- Les indemnités journalières restent soumises au plafond évoqué ci-dessus.