Il n’existe pas de « meilleure » structure universelle, mais des solutions adaptées à chaque situation. Voici les principaux repères pour s’orienter :
1. L’autorisation et l’expertise dans la prise en charge du cancer
N'importe quel établissement n'est pas autorisé à traiter n'importe quel cancer. En France, seul un établissement disposant d’autorisations délivrées par l’ARS peut assurer :
- La chirurgie cancérologique
- Les traitements médicaux spécifiques (chimiothérapie, immunothérapie…)
- La radiothérapie
Selon la dernière évaluation de l’INCa (Institut National du Cancer, 2023), 1 505 établissements disposent au moins d’une autorisation pour traiter le cancer, mais moins de 60 disposent du triplet autorisations (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie pour adultes et enfants). Les CLCC en font tous partie, mais ce n’est pas systématique pour les hôpitaux et les cliniques :
voir la carte sur le site de l’INCa.
Vérifier cette autorisation est le premier critère, avant même de regarder la “réputation” ou la proximité.
2. Les plateaux techniques et l’accès à l’innovation
Les hôpitaux universitaires (AP-HP à Paris, par exemple) et les CLCC investissent dans la recherche, participent à des essais cliniques, et possèdent des plateaux techniques très larges. Le taux d’accès à l’innovation (protocoles thérapeutiques, traitements émergents…) est plus élevé dans ces structures : selon l’INCa, 1 patient sur 5 intègre un essai clinique dans un CLCC, contre 1 sur 10 en moyenne pour les autres établissements (source : e-cancer.fr, chiffres 2022).
Les cliniques, souvent réputées pour la chirurgie, sont parfois moins impliquées dans la recherche translationnelle, même si certaines collaborent avec des réseaux universitaires.
3. La prise en charge pluridisciplinaire et le parcours de soins
Au-delà de la qualité médicale, c’est la coordination pluridisciplinaire (oncologue, chirurgien, radiothérapeute, soins de support, psychologue, assistante sociale, etc.) qui fait la différence sur le vécu et les chances de succès du traitement. Les CLCC sont conçus pour cela : ils réunissent toutes les spécialités sur un même site, avec une réunion de concertation pluridisciplinaire (RCP) obligatoire. Les hôpitaux publics, notamment universitaires, suivent ce modèle. Les cliniques, parfois de taille plus réduite, peinent encore à garantir partout cette organisation (source : Drees, “Les établissements de santé en France”, édition 2022).
- Un diagnostic complexe ou une situation rare ? Privilégier un centre expert (CLCC ou hôpital de référence).
- Un traitement classique, sans complications attendues ? Une clinique ayant l’autorisation peut être une option de proximité.
4. Les soins de support et l’accompagnement global
Bien vivre un traitement contre le cancer, c’est aussi bénéficier de soins de support : psychologue, diététicien, socio-esthéticienne, rééducation, assistant de service social… Les CLCC et les grands hôpitaux franciliens proposent l’offre la plus étoffée, généralement coordonnée via un “espace de rencontre et d’information” ou une plateforme d’annonce. Certaines cliniques se distinguent, mais leur offre varie très fortement d’un établissement à l’autre.
En 2022, le Baromètre des soins de support (Ligue contre le cancer) indique que 95 % des CLCC offrent au moins cinq types de soins de support, contre 54 % des hôpitaux et 36 % des cliniques autorisées.
5. L'accessibilité géographique et les délais de prise en charge
Le délai entre le diagnostic et le début du traitement est décisif. Les CLCC affichent en général des délais plus courts (médiane de 21 jours, source : IGR, rapport activité 2023), en raison de leur organisation centralisée. Cependant, leur localisation (souvent en périphérie parisienne ou au centre de Paris) et leur forte activité impliquent une sélection des patients sur critères médicaux. Les hôpitaux généraux et les cliniques proposent parfois davantage de proximité, un point essentiel pour les séances fréquentes (radiothérapie, chimiothérapie, soins continus).
- Transport et mobilité : Les patients dépendant d’un transport médicalisé ou en zone rurale privilégient souvent la structure la plus accessible, quitte à être orientés vers un centre de référence pour certains temps du parcours.