Lorsque le cancer se propage ou présente un risque accru de dissémination, il est souvent nécessaire de recourir à des médicaments circulant dans tout l’organisme (« traitements systémiques »). Voici les principales familles :
La chimiothérapie
La chimiothérapie a longtemps été le traitement « emblématique » des cancers. Elle associe différents médicaments cytotoxiques qui visent à détruire les cellules cancéreuses ou à bloquer leur division. Prescrite pour environ 40% des patients porteurs d’un cancer en France (INCa), elle s’administre par perfusion, injection ou comprimé oral.
- But curatif : guérir, seul ou en association avec une chirurgie/radiothérapie.
- But adjuvant : prévenir la récidive après chirurgie.
- But palliatif : contrôler la maladie, soulager les symptômes et prolonger la vie.
Les effets secondaires varient selon les molécules utilisés : nausées, chute des cheveux, fatigue, risques infectieux, neuropathies… De nombreuses mesures existent aujourd’hui pour les prévenir ou les atténuer (voir INCa).
Les thérapies ciblées
Apparues dans les années 2000 en France, ces médicaments novateurs s’attaquent à des anomalies précises présentes à la surface ou à l’intérieur des cellules cancéreuses. Ils offrent une efficacité accrue, souvent avec moins d’effets indésirables que la chimiothérapie classique, mais ne conviennent pas à tous les types de cancers.
- Exemple : trastuzumab pour certains cancers du sein HER2+, imatinib pour certaines leucémies.
- Administration : perfusion, comprimés.
- Effets secondaires fréquents : troubles cutanés, hypertension, diarrhées, anomalies sanguines.
Des plateformes de génétique moléculaire sont désormais déployées en Île-de-France pour déterminer l’éligibilité à ces traitements (notamment à l’hôpital Saint-Louis et à l’Institut Curie).
L’immunothérapie
L’immunothérapie représente le bouleversement majeur de ces dix dernières années. L’objectif : permettre au système immunitaire de reconnaître et d’attaquer les cellules cancéreuses. Elle a permis des progrès spectaculaires en mélanome, cancer du poumon, rein et certains cancers ORL.
En 2022, 1 patient sur 5 atteint d’un cancer du poumon a reçu une immunothérapie dans son parcours en France (Le Monde).
- Principaux médicaments utilisés : anti-PD1/PD-L1, anti-CTLA4 (nivolumab, pembrolizumab…).
- Modalités : perfusions espacées, surveillance rapprochée.
- Effets indésirables spécifiques : réactions auto-immunes (thyroïde, intestin, peau…) parfois graves, nécessitant une prise en charge experte.
L’accès à l’immunothérapie est soumis à des critères précis, fixés lors des RCP.
La prise en charge des cancers hématologiques (leucémies, lymphomes, myélomes…)
Les cancers du sang requièrent le plus souvent un traitement systémique : chimiothérapie intensive, immunothérapie, greffe de cellules souches (autogreffe, allogreffe). L’Île-de-France dispose de centres spécialisés réputés (AP-HP, Institut Gustave Roussy, Hôpital Saint-Louis).
- Greffe de moelle osseuse : traitement de référence pour certains lymphomes ou leucémies en rechute.
- CAR-T cells : technique de thérapie cellulaire avancée, proposée en cas de maladies résistantes. Elle consiste à modifier des cellules immunitaires du patient pour qu’elles s’attaquent au cancer. Près de 400 patients ont bénéficié de cette innovation en France en 2023.